La Société financière internationale, l’organisme de la Banque mondiale dédié à l’aide au développement du secteur privé, a lancé son programme de certification environnementale Edge au Liban début 2016. Deux bâtiments ont déjà été accrédités.

La certification Edge présente un double intérêt pour les constructeurs : elle devient un argument de vente auprès de leurs potentiels clients, mais surtout elle permet d’obtenir des prêts avantageux auprès des banques dans le cadre du programme national NEEREA (Action nationale pour l’efficacité énergétique et le renouvellement de l’énergie), lancé par la Banque centrale en 2010. Du côté des acheteurs, elle permet de réduire considérablement les factures d’énergie. Pour une maison individuelle de 10 000 mètres carrés réalisant 25 % d’économie en énergie, 24 % d’économie en eau et 21 % d’économie sur les matériaux utilisés, le coût additionnel de la construction s’élève à 4 dollars par mètre carré, soit 40 000 dollars pour le projet global. Selon les estimations de la Société financière internationale, cet investissement sera rentabilisé en un an grâce à la réduction des factures d’eau, d’électricité et de chauffage.
Lancée au Liban début 2016, la certification Edge a pour le moment été accordée à deux bâtiments : le centre médical de Kesrouan et l’immeuble Tohme Rizk sur le campus de la Lebanese American University à Byblos. « De nombreux autres dossiers sont à l’étude, notamment pour des prêts verts à la Banque centrale », affirme Carol Khouzami. « Ils sont aujourd’hui en suspens, car la circulaire de la BDL ne reconnaît expressément que la certification LEED ou “des certifications internationales similaires”, mais sans les nommer », explique-t-elle. La Société financière internationale milite donc pour que cette circulaire soit amendée et que la certification Edge soit officiellement reconnue. Une bataille primordiale pour l’institution, car « ces incitations financières sont une des premières motivations des promoteurs pour se lancer dans la construction écologique », estime Carol Khouzami.