L’ancienne directrice d’Aramex au Liban a mis sa longue expérience professionnelle et son réseau au bénéfice de la Lebanese League Women and Business (LLWB) dont elle est la présidente. L’association propose de mettre en relation les jeunes entrepreneuses, puis de les accompagner dans leurs projets.

De toutes ces années dans le monde de l’entreprise, Asmahan Zein a acquis une expérience qu’elle a décidé de mettre au service des autres. Elle, qui confie s’être toujours « engagée », s’est essayée dans sa jeunesse à la politique. Mais l’expérience a tourné court. « Avant je croyais que rejoindre un parti pouvait aider, mais j’ai compris qu’il fallait passer par la société civile. Je crois en mon pays, au changement, au fait que l’on peut construire un monde meilleur pour nos enfants. » Pour mener à bien cette mission, l’entrepreneuse multiplie les représentations au sein de nombreuses associations dédiées au développement et à la jeunesse. Elle est à la fois vice-présidente d’Amideast Lebanon, d’Injaz Lebanon, de Ruwwad al-Tanmeya, tout en ayant une voix à la Chambre américaine du commerce pour le Liban ainsi qu’au pacte mondial, l’agence des Nations unies qui incite les entreprises à une attitude responsable et au respect des droits de l’homme. Mais c’est surtout la Lebanese League for Women Business (LLWB), dont elle devient la présidente en 2015, qui occupe la majeure partie de son temps associatif.
Depuis sa création en 2006, la LLWB regroupe des femmes aux parcours hétéroclites (entrepreneuriat, droit, assurance, hôtellerie/restauration…). Lors de sessions mensuelles baptisées “Join and grow”, les adhérentes sont invitées à partager leur expérience, se rencontrer en vue de bâtir un réseau de relations. Seule condition pour faire partie de ce cercle d’entraide : être une Libanaise entrepreneuse ou employée, et s’acquitter d’une cotisation annuelle de 100 dollars. De 70 membres l’année dernière, la LLWB est passée à 160 aujourd’hui. « Nous sommes là pour les accompagner, les conseiller dans le lancement de leurs projets et les mettre en relation avec les bonnes personnes », explique Asmahan Zein, qui officie à la LLWB avec six autres personnes. L’association soutient également ses adhérentes engagées dans une quête aux bourses privées. Un tremplin idéal pour lancer une start-up. C’est ainsi que, grâce au soutien de la LLWB, Rana Shmaitelly a obtenu il y a trois ans un prix de 20 000 dollars lors d’un concours organisé par le joaillier et horloger Cartier. Son projet “Little Engineer” propose d’initier les plus jeunes aux métiers du monde de l’ingénierie.
Si Asmahan Zein milite pour une place accrue des femmes dans le monde de l’entreprise – « le marché du travail libanais ne se compose que de 24 % de femmes », déplore-t-elle –, l’entrepreneuse croit en revanche à l’égalité des genres et se dit « contre la discrimination positive ». Pour preuve, à l’approche de son dixième anniversaire, l’association devrait entamer une révolution de taille en ouvrant ses portes aux hommes. La LLWB ne se délaissera pourtant pas de son « W », synonyme de “women”. Une façon de ne pas oublier son combat initial. Et garder son identité.
Dates-clés
1968 : Premier emploi de secrétaire dans une entreprise d’import/export.
1978 : Manager du Grand Hôtel d’Abidjan en Côte d’Ivoire.
1988 : Ouvre le bureau d’Aramex au Liban.
2014 : Rachète la franchise d’InfoFort au Liban.
2015 : Présidente de la Lebanese League Women Business (LLWB).
1978 : Manager du Grand Hôtel d’Abidjan en Côte d’Ivoire.
1988 : Ouvre le bureau d’Aramex au Liban.
2014 : Rachète la franchise d’InfoFort au Liban.
2015 : Présidente de la Lebanese League Women Business (LLWB).